Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 1.djvu/368

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pour trois ou quatre paires de bas & de souliers ; j’en avois bon besoin, & il y avoit un grand nombre d’années que j’avois été obligé de m’en passer.

Il est vrai que je m’étois approprié deux paires de souliers des pauvres matelots que j’avois trouvés noyés dans le vaisseau ; mais ils ne valoient pas nos souliers anglois, ni pour la commodité, ni pour le service. Pour finir, je trouvai encore dans le second coffre une cinquantaine de pièces de huit, mais point d’or, d’où je pouvois facilement inférer qu’il avoit appartenu à une plus pauvre maître que le premier, qui doit avoir été quelque officier apparemment.

Je ne laissai pas de porter tout cet argent dans ma grotte, auprès de celui que j’avois sauvé de notre propre vaisseau. C’étoit dommage que je n’eusse pas trouvé accessible le fond du bâtiment, j’en aurois pu tirer de quoi charger plus d’une fois ma chaloupe, & j’aurois amassé une trésor considérable qui auroit été dans ma grotte en grande sûreté, & que j’aurois pu aisément faire venir dans ma patrie, si la bonté du ciel permettoit un jour de me tirer de l’île.

Après avoir mis de cette manières toutes mes acquisitions en lieu sûr, je remis ma barque dans sa rade ordinaire, & je m’en revins à ma demeure, où je trouva tout dans l’état où je l’avois