Page:Anthropologie.djvu/15

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eudémonistes, en un mot, sont donc des égoïstes pra­tiques.

À l'égoisme peut seul être opposé le pluralisme, c'est-à-dire la façon de penser qui ne se concentre pas en soi-même comme si Ton était tout l'univers, mais au contraire qui consiste à se regarder et à se conduire comme un simple citoyen du monde. — Assez sur ce sujet en ce qui regarde l'anthropologie. Pour ce qui est des notions métaphysiques relatives à cette matière, elles sont complètement en dehors de la science qui nous occupe. La question de savoir, par exemple, si moi, comme être pensant, je dois admet­tre en dehors de mon existence celle d'un tout com­posé d'autres êtres en rapport avec moi (tout qu'on appelle monde), cette question, disons-nous, n'appar­tient pas à l'anthropologie, elle est du ressort de la métaphysique seule.


OBSERVATIONS.
De la forme du langage égoïste.

Dans nos temps modernes, le souverain qui s'a­dresse au peuple parle ordinairement de sa personne au pluriel ( Nous, N., par la grâce de Dieu, etc.). Il s'agirait de savoir si le sens de ce nous n'est pas plu­tôt égoïste, c'est-à-dire s'il n'indique pas plus parti­culièrement un pouvoir absolu, personnel, et s'il ne signifie pas au fond la même chose que ce que dit le roi d'Espagne par son io el rey (moi le roi). Il semble