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384 APPENDICES.

trait intuitivement dans ces déterminations internes, comme effets, l'état de l'univers qui en est cause. Mais quelle nécessité y a-t-il à ce qu'un esprit et un corps constituent ensemble un seul être, et quelles raisons font disparaître, dans certaines destructions, cette unité? Ces questions, et d'autres, dépas­sent de beaucoup mon intelligence, et malgré d'ailleurs mon peu d'audace à mesurer mon intelligence aux mystères de la nature, je suis assez fort cependant pour ne pas trop craindre un adversaire, fût-il très bien armé (si d'ailleurs j'avais l'hu­meur batailleuse), et pour essayer dans ce cas de réfuter ses raisons ; ce qui est à proprement parler, chez les savants, l'ha­bileté suffisante pour se prouver de part et d'autre qu'on ne sait rien.

CHAPITRE IL Fragment de la philosophie secrète propre à expliquer le commerce avec le monde des esprits. L'initié a déjà habitué l'entendement grossier et enveloppé des sens extérieurs à des notions abstraites plus élevées, et maintenant il peut voir ce crépuscule qui sert à la faible lu­mière de la métaphysique à rendre sensible le royaume des ombres, des formes spirituelles et dépouillées de leur corporelle enveloppe. Après avoir heureusement surmonté cette difficile épreuve, nous tenterons donc le périlleux voyage. Ibaut obscuri sola sub nocte per umbras, Perque domos Ditis vacuas et inania régna. Virgile. La matière morte qui remplit l'espace cosmique est de sa nature inerte et sans changement; elle a solidité, étendue et figure, et ses phénomènes, qui reposent sur tous ces fonde­ments, permettent de donner une définition physique, qui est