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RÊVES D'UN HOMME QUI VOIT DES ESPRITS. 385

en même temps mathématique, et qui peut aussi prendre le nom de mécanique. Si, d'un autre côté, on fait attention à cette espèce d'êtres qui contiennent le principe de la vie dans l'uni­vers, et qui, par cette raison, ne sont pas de telle espèce qu'ils augmentent, comme parties constitutives, la masse et l'éten­due de la matière morte, et n'en sont point affectés suivant les lois du contact et du choc, mais plutôt s'excitent eux-mêmes par une activité interne, et de plus excitent la matière morte de la nature, on sera persuadé, sinon par la clarté d'une dé­monstration, du moins par le pressentiment d'une intelligence exercée, de l'existence d'êtres immatériels, dont les lois parti­culières d'action sont appelées pneumatiques, et organiques quand les êtres corporels sont des causes médiates de leurs ac­tions dans le monde matériel. Gomme les êtres immatériels sont des principes spontanés, par conséquent des substances et des natures subsistant par elles-mêmes, la conséquence à laquelle on arrive de suite est celle-ci : que ces substances sont immé­diatement unies entre elles, et sont peut-être capables de cons­tituer un grand tout qu'on peut nommer le monde immaté­riel (mundus intelligibilis). De quelle raison vraisemblable, en effet, pourrait-on affirmer que pareils êtres, de même nature les uns que les autres, ne peuvent être en rapport entre eux que par le moyen d'autres êtres (choses corporelles) de nature dif­férente, quand cette dernière hypothèse est beaucoup plus obscure que l'autre? Ce monde immatériel peut donc être considéré comme un tout subsistant par lui-même, dont les parties sont entre elles dans une liaison réciproque et forment ainsi un commerce sans l'intervention de choses corporelles, de telle sorte que ce dernier rapport est contingent et ne peut convenir qu'à quel­ques-unes, et qu'où il se rencontre il n'empêche pas que les êtres immatériels qui agissent les uns sur les autres par le moyen de la matière, ne soient, de plus, en liaison particu­lière et constante, et n'exercent toujours entre eux des influen­ces réciproques comme êtres immatériels, en sorte que leur