Page:Apoukhtine - La Vie ambiguë.djvu/20

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II. Du même

(Reçue, le 3 avril.)

Comment vous remercier, bien estimée Comtesse, pour vos aimables et amicales lignes. Ne connaissant pas votre écriture, j’ai déchiré l’enveloppe avec un grand sang-froid, mais envoyant la signature…

Vous vous étonnez qu’ayant vécu si longtemps dans la même ville, je ne vous aie pas remarquée plus tôt. Oh ! comme vous vous trompez cruellement. Chaque rencontre avec vous a laissé dans mon cœur une trace profonde, un mélange de joie et d’amertume. Et comment aurais-je pu ne pas remarquer cette beauté sévère, idéale, cette démarche royale, ce regard pensif qui pénètre si avant dans l’âme qu’alors que vous baissez les yeux vers la terre il semble à votre interlocuteur que