Page:Apoukhtine - La Vie ambiguë.djvu/30

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VI. Du même

(Reçue à Krasnia-Kriastchy, 26 avril.)

Faut-il vous dire, charmante et chère comtesse, que la journée passée avec vous ne s’effacera jamais de ma mémoire, que le repas lourd de Nadejda Vassilievna m’a semblé le plus délicat dîner, que les trois heures que j’ai passées ensuite avec vous, en attendant les chevaux, sont les plus heureuses de ma vie ? En me disant au revoir, vous m’avez demandé pourquoi je ne vous avais pas proposé de passer cette journée à Gniezdilovka. Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi… pourquoi… mais tout simplement parce que je n’ai pas osé. Pensez-vous que je ne le désirais pas, ne voyez-vous pas que toute ma vie vous appartient sans retour ? Je ne vous demande rien, je n’espère rien, mon bonheur est de me sen-