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IX. De Maria Ivanovna Boiarova

(Reçue le 7 mai.)

J’ai été si heureuse de ta lettre, chère Kitie, que chez nous il y a eu presque un drame de famille. Nous étions à déjeuner quand on m’a apporté ta lettre ; en reconnaissant ton écriture, j’ai crié, puis rougi de joie. Hippolyte Nicolaievitch aussitôt « a eu un soupçon quelconque », comme il dit, et, après le départ des enfants, il a commencé à me tourmenter pour que je lui montre la lettre. J’étais très fâchée et l’ai intrigué une heure entière. Tout ce temps, il m’a fait des reproches, m’a dit des choses méchantes ; enfin, lorsqu’il m’eut comparé à Cléopâtre et à d’autres encore, je lui montrai la signature ; il a été très confus et, à mon tour, je lui ai dit des choses… pénibles : qu’un homme si bête, si soupçon-