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XVII. De A. V. Mojaïsky

(Reçue à Peterhoff, 6 juin.)

À la minute seulement, chère Kitie, je reçois ton télégramme m’annonçant ta bonne arrivée à Pétersbourg. Je ne comprends pas ce que tu as pu faire si longtemps à Moscou. N’étais-tu pas malade là-bas ? Je puis encore moins comprendre pourquoi tu m’as défendu si catégoriquement de te conduire jusqu’à Moscou. Comme je t’aurais soignée si tu as été malade, et comme nous nous serions amusés si tu as été bien portante ! Mais que faire ? On ne peut revenir en arrière ni retrouver ces merveilleux jours de mai qui ont passé comme un rêve et à propos desquels je me répète ces vers de Joukovski :

 
Ne dis pas avec tristesse : ils ne sont plus ;
Mais avec reconnaissance : ils ont été.