Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/34

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pas d’un bouclier, mais je dirai sur les Lakédæmoniens ce qui me paraît bon. Cependant j’ai bien des craintes. Je connais l’humeur de nos campagnards, qui se gaudissent quand quelque hâbleur fait l’éloge, juste ou non, d’eux et de la ville. Et ils ne s’aperçoivent pas qu’on les a vendus. Je connais aussi l’âme des vieillards, qui ne voient pas autre chose que de mordre le monde avec leur vote. Je sais ce que j’ai eu à souffrir de Kléôn pour ma comédie de l’année dernière. Il m’a traîné devant le Conseil, me criblant de calomnies, m’étourdissant de ses mensonges, de ses cris, se déchaînant comme un torrent, fondant en déluge, à ce point que j’ai failli périr noyé dans un tas d’infamies. Et maintenant, avant que je prenne la parole, laissez-moi endosser le costume du plus misérable des êtres.



Le Chœur

Pourquoi ce tissu de détours, d’artifices et de retards ? Emprunte-moi à Hiéronymos un casque de Hadès, aux poils sombres et hérissés ; puis déploie les ruses de Sisyphos ; car ce débat ne comportera pas de délai.



Dikæopolis

Voici le moment où il faut que je prenne une âme résolue. Allons tout de suite trouver Euripidès. Esclave ! Esclave !



Képhisophôn

Qui est là ?



Dikæopolis

Euripidès est-il chez lui