Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/6

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AVANT—PROl’OS m façon. » He'las ! il se raillait, l'œuvrey aperdu l'inesti— mable estampille par laquelle le maître l'eût, en partie, faite sienne. On saura, du moins, et c'est l’important, qu’il avait été dans sa pensée, dans s_on intentionformelle div imprimer sa marque. Un pareil témoignage est a l'/1on— neur des deux écrivains. Cette consécration de l’œuvre du prosateur par le concours promis du poète ne de- meure pas, en efet, sans retourprojîtable à celui-ci. Elle suppose une mutuelle ad/zésion, et, sans doute, en conve- nant d'associer à son labeur celui de Leconte de Lisle, le digne représentant de l’Université, c’est—à-dire de la gardienne ojicielle et vigilante de tous les classiques, donnait, au bénefce de l’interprète marron, un précieux exemple de conciliante humeur. Les traductions de Le- conte de Lisle, bien que d’une saveur antique si délectable, avaient à conquérir l’approbation des lzellénistespatentés aux scrupules méticuleux, plus préocczqzés dulexique et de la grammaire que de la vertu poétique du langage. Leur souci fondamental n’est, certes, pas moins impor- tant, mais il est autre que celui d’un interprète qui se trouve être de même essence morale et littéraire que l'au- teur original, conzme lui poète, comme lui sombre ou railleur par tenqtérament. Ces deux soucis à lafois se sont rencontrés et conjugues d'une façon remarquable che; JW. Talbotpour le succès de son entrepriseardue. Il semble que son intime intelligence du texte unie a la verve naturelle de son alerte esprit l'ait improvisépoète ad hoc au frottement d’cAristophane, et c’est cette rare qua- lité, sacrée auxyeux de Leconte de Lisle, qui dut inspirer

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