Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/142

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LYSISTRATA. 139 au sujet d’une trêve? Qu’allez-vous porter aujourd’hui sur la stèle à la connaissance du peuple? — Qu’est-ce que cela te fait? répondait mon mari. Tais-toi. » Et je me taisais. PREMIÈRE FEMME. C’est moi qui ne me serais jamais tue! LE rnonoutos. Tu aurais eu a gémir, si tu n’avais pas gardé le silence. Evsisrmra. Aussi, chez moi je me taisais. Une autre fois, informée que vous aviez pris une résolution des plus mauvaises : « Comment, lui dis-je, cher époux, pouvez-vous agir si follement? » Et lui tout aussitôt me regardant de travers : « Si tu ne te mets pas, dit-il, à tisser ta toile, ta tête s’en ressentira : la guerre est le partage des hommes. » LE Pnonounos. De par Zeus! il avait raison de tenir ce langage. Lvs1srnA1·A. Comment, raison? misérable! Si vous prenez des réso- lutions mauvaises, il ne sera pas permis de vous avertir? Et puis, lorsque, dans toutes les rues, nous vous enten- dions crier ai haute voix: « Il n’y a plus un homme en ce pays! » et que, de par Zeus! un autre faisait écho, alors, et sans tarder, il nous a paru bon de faire cause commune pour sauver la Hellas, en réunissant toutes les femmes. Le moyen, en effet, d’attendre ? Si donc vous voulez écouter nos sages conseils et vous taire, à votre tour, comme nous, nous rétablirons vos affaires.