Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/17

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De par Zeus ! tu as la passion des grandes infortunes ! Et toi ?


pisthétæros.

J’ai une passion semblable, moi.


la huppe.

Et laquelle ?


pisthétæros.

Celle d’une cité où, en me rencontrant, le père d’un joli garçon me dise d’un ton de reproche, comme offensé par moi : « Vraiment, Stilbonidès, en voilà une belle conduite ! Tu rencontres mon fils revenant du bain et du gymnase, et pas un baiser, pas une parole, pas une caresse, pas un attouchement de toi, l’ami du père ! »


la huppe.

Mon pauvre homme, pour quelles tristes choses tu te passionnes ! Eh bien, il y a une ville heureuse, telle que vous le dites, sur les côtes de la mer Erythræa.


evelpidès.

Malheur ! Ne nous parle pas d’une ville maritime : un beau matin on y verrait aborder la Salaminienne amenant un huissier. As-tu une ville hellénique à nous proposer ?


la huppe.

Pourquoi n’iriez-vous pas habiter Lépréon, en Élis ?


evelpidès.

Par les dieux ! sans l’avoir vue, j’ai en horreur Lépréon, à cause de Mélanthios.