Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 2.djvu/38

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Que ce ne soient pas les dieux, mais les oiseaux qui, jadis, aient régné sur les hommes, on en a beaucoup de preuves. Et tout d’abord je vous citerai le coq qui, le premier, a été chef et souverain de tous les Perses, avant Daréios et Mégabyzos : aussi l’appelle-t-on l’oiseau persan, à cause de cette antique souveraineté.


evelpidès.

C’est donc pour cela qu’aujourd’hui même, il marche comme le Grand Roi, la tête couronnée, seul entre les oiseaux, de la tiare droite.


pisthétæros.

Il avait alors tant de vigueur, de grandeur et de puissance, qu’aujourd’hui encore, par un effet de son ancienne force, dès qu’il fait entendre son chant matinal, tous courent à l’ouvrage, forgerons, potiers, corroyeurs, cordonniers, baigneurs, boulangers, armuriers, tourneurs de lyres et de boucliers : ils se chaussent et vont au travail quand la nuit dure encore.


evelpidès.

Tu peux m’interroger là-dessus. Il est cause que j’ai eu le malheur de perdre une læna en laine de Phrygia. Invité à un banquet qui se donnait à la ville pour le dixième jour après la naissance d’un enfant, je bois et je m’endors. Alors, avant que les autres se soient assis à table, le coq chante, et moi, croyant qu’il est jour, je sors pour me rendre à Alimos ; bientôt, à peine me suis-je glissé hors des murs, qu’un voleur d’habits me frappe d’un coup de