Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/127

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Book important2.svg Les corrections sont expliquées en page de discussion

LYSISTRATA.

Ce n’est pas ce que tu crois[1] : car nous n’eussions pas manqué d’accourir bien vite. Mais c’est une affaire imaginée par moi, et examinée pendant plusieurs nuits sous toutes les faces.


CALONICE.

Cette affaire, ainsi examinée sous toutes les faces, doit être bien subtile.


LYSISTRATA.

C’est tellement subtile, que le salut de toute la Grèce dépend uniquement des femmes.


CALONICE.

Des femmes ? Il tenait donc à bien peu de chose.


LYSISTRATA.

A nous de sauver la république, ou de détruire complètement, et les Péloponésiens.....


CALONICE.

Ce serait excellent.


LYSISTRATA.

..... Et toute la race des Béotiens.


CALONICE.

Ah, pas toute, s’il te plaît : épargnez les anguilles[2].


LYSISTRATA.

Je ne fais pas pareil vœu contre Athènes, je te prie de le croire. Si les Béotiennes et les Péloponésiennes s’assemblent ici avec nous autres Athéniennes, nous sauverons la Grèce par nos efforts réunis.

  1. Calonice a pris le mot affaire dans un sens obscène.
  2. Du lac Copaïs, lac de Béotie.