Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/129

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LYSISTRATA.

Mais, ô désespoir ! ce sont bien de vraies Athéniennes, elles qui arrivent toujours en retard. D’ailleurs on ne voit encore aucune femme ni de la côte, ni de Salamine.


CALONICE.

Je sais pourtant qu’elles ont passé toute la matinée en bateau[1].


LYSISTRATA.

Les Acharniennes même, que je croyais voir ici les premières, ne sont pas encore venues.


CALONICE.

Et cependant la femme de Théagène, dans le dessein de venir ici, a été consulter la statue d’Hécate[2]. Mais en voilà qui arrivent. Bon, en voilà encore d’autres. Tiens, tiens ! D’où sont-elles ?


LYSISTRATA.

D’Anagyronte[3].


CALONICE.

Pour cela, tu as raison. Anagyronte paraît avoir été ébranlée[4].

  1. Il y a dans le grec une allusion obscène.
  2. Ce Théagène était un richard de l’époque, qui passait pour ne vouloir rien entreprendre avant de consulter une statue d’Hécate.
  3. Bourgade de l’Attique de la tribu Érechtéide.
  4. Anagyrus ayant renversé les maisons de ce bourg, on dit depuis proverbialement : J’ébranlerai Anagyronte. D’autres disent qu’il y avait une plante nommée anagyrus, qui croissait dans le territoire d’Anagyronte et qui était d’une odeur forte et désagréable, et que de cette plante était venu le proverbe qui s’applique à ceux qui en remuant quelque chose se font beaucoup de mal à eux-mêmes. (Brotier.)