Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/133

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si je peux trouver quelque moyen, me seconder pour mettre fin à la guerre ?


MYRRHINE.

Je jure par les déesses que je le veux bien, fallût-il mettre ce manteau en gage et en boire dès aujourd’hui le prix.


CALONICE.

Et moi, je suis prête à me partager comme une solle et à donner la moitié de moi-même.


LAMPITO.

Pour moi, je gravirais jusque sur le sommet du mont Taygète pour voir la paix.


LYSISTRATA.

Je vais donc parler ; je ne dois plus faire un mystère de mon secret. Or donc, mes chères amies, si nous voulons contraindre les hommes à chérir la paix, il faut nous priver.....


MYRRHINE.

De quoi ? Parle.


LYSISTRATA.

Le ferez-vous ?


MYRRHINE.

Nous le ferons, quand même il s’agirait de la vie.


LYSISTRATA.

Il faut donc nous priver de tout ce qu’ils voudraient nous donner[1]..... Pourquoi me regardez-vous de travers ? Où allez-vous ? Pourquoi, vous dis-je, vous mordre les lèvres et secouer la tête ? D’où vient ce changement de couleur ? D’où viennent ces larmes ? Le ferez-vous, ou ne le ferez-vous pas ? Que dites-vous ?

  1. Abstinendum est a pene. (Brunck.)