Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/134

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MYRRHINE.

Je ne le ferai pas ; que la guerre aille son train.


CALONICE.

Ni moi non plus, en vérité ; que la guerre continue.


LYSISTRATA.

C’est toi qui dis cela, ma chère solle ? Et tout à l’heure tu prétendais que tu donnerais la moitié de toi-même.


CALONICE.

Toute autre chose qu’il te plaira. Fallût-il passer au milieu des flammes, je suis prête. Oui, plutôt cela, que ce que tu exiges de nous. Rien n’égale cette privation, ma chère Lysistrata.


LYSISTRATA.

Et toi ?


LAMPITO.

J’aime mieux aussi passer par les flammes.


LYSISTRATA.

Oh ! que notre sexe est dissolu ! Tout ce que les tragiques disent de nous n’est pas sans fondement, car, comme la nacelle, nous ne sommes bonnes qu’à une chose. Mais, ô ma chère Lacédémonienne, seconde mes projets ; quand je n’aurais que toi seule dans mon parti, nous pourrions encore réparer tout le mal.


LAMPITO.

Il est difficile, en vérité, pour des femmes, de se livrer toutes seules au sommeil[1]. Il faut cependant bien s’y résoudre, car il est encore plus urgent de faire la paix.


LYSISTRATA.

Ô toi, la plus chérie et l’unique entre toutes ces femmes.

  1. Dormire sine mentula. (Brunck.)