Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/137

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LYSISTRATA.

Pourquoi, chère Lampito, ne confirmons-nous pas au plus tôt notre conspiration par un serment, pour la rendre plus durable ?


LAMPITO.

Fais tout de suite ce serment, et nous le répéterons.


LYSISTRATA.

Bien imaginé. Où est la femme scythe[1] ? Où regardes- tu ? Pose-toi là devant un bouclier renversé, et qu’on m’apporte la victime.


MYRRHINE.

Par quel serment, Lysistrata, nous lieras-tu donc ?


LYSISTRATA.

Par lequel? Nous jurerons sur un bouclier, comme on dit qu’Eschyle l’a fait faire autrefois, près d’une brebis égorgée.....


MYRRHINE.

Ô ma chère Lysistrata, quand il s’agit de paix, ne jure rien sur un bouclier.


LYSISTRATA.

Quel sera donc notre serment ?


MYRRHINE.

Il faut prendre quelque part un cheval blanc[2] et l’immoler, et c’est sur cette victime que nous ferons notre serment.


LYSISTRATA.

Où trouver un cheval blanc ?

  1. À Athènes, les serviteurs des magistrats, les huissiers étaient des étrangers, dos barbares, la plupart tirés de la Scythie.
  2. Nolit faceta mulier hoc de quadrupede intelligi meutulam innuit, quam mox abjuratura est. (Brunck.)