Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/138

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MYRRHINE.

Sur quoi jurerons-nous donc ?


LYSISTRATA.

Je te le dirai, si tu veux. Plaçons là une grande coupe noire ; immolons dedans une amphore de vin de Thasos[1], et jurons de n’y jamais mettre d’eau.


LAMPITO.

Ô dieux, quel serment, et qu’il me fait plaisir ! Qu’on apporte ici une coupe et une amphore. (On en apporte de tous côtés.)


CALONICE.

Ô mes chères amies, quelle quantité de vases ! Quelle joie on aura tout à l’heure à les vider !


LYSISTRATA.

Pose la coupe en cet endroit et touche la victime. Ô divine persuasion, précieux organe de l’amitié, reçois ce sacrifice dans des dispositions favorables pour nous.


MYRRHINE.

Le charmant glouglou ! La belle couleur !


LAMPITO.

Eh, par Castor, quel délicieux bouquet !


LYSISTRATA.

Ô femmes, permettez que je sois la première à jurer.


MYRRHINE.

Non, par Vénus, à moins que le sort n’en décide.


LYSISTRATA.

Mettez toutes, ô Lampito, la main sur la coupe, et

  1. Vin très renommé.