Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/141

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MYRRHINE.

Si je manque à mes promesses, que cette coupe soit remplie d’eau.


LYSISTRATA.

Vous toutes, prenez-vous par serment les mêmes engagements ?


CALONICE.

Oui, par Jupiter.


LYSISTRATA.

Eh bien, je vais sacrifier cette victime. (Elle boit.)


MYRRHINE.

Ô ma chère, laisse-m’en un peu, pour que nous vivions dès à présent en bonnes amies.


LAMPITO.

Quel est ce bruit ?


LYSISTRATA.

C’est ce dont je t’ai prévenue. Les femmes se sont emparées de la citadelle. Allons, Lampito, retire-toi, mets ordre à ce qui te regarde et laisse-nous celles-ci en otage. Pour nous, réunissons-nous aux autres femmes qui sont dans la citadelle et fermons-en solidement les portes.


MYRRHINE.

Ne penses-tu pas que les hommes accourront sur-le-champ contre nous ?


LYSISTRATA.

Je m’en soucie fort peu. Toute leur ardeur et toute leur colère ne leur fera pas ouvrir ces portes, s’ils n’acquiescent aux conditions que nous avons proposées.


MYRRHINE.

Non, certes, par Vénus ; autrement, ce serait en vain qu’on nous appellerait méchantes et opiniâtres.