Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/148

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CHŒUR DE FEMMES.

Est-ce qu’elle est bouillante ?


CHŒUR DE VIEILLARDS.

Comment bouillante ? Ne finiras-tu pas ? Que fais-tu ?


CHŒUR DE FEMMES.

Je t’arrose, pour que tu repousses.


CHŒUR DE VIEILLARDS.

Mais je suis tout desséché et tremblant.


CHŒUR DE FEMMES.

Eh bien, puisque tu as du feu, réchauffe-toi.


LES MÊMES, UN MAGISTRAT.



UN MAGISTRAT.

Le vacarme que font ici les femmes et le bruit des tambours s’entendent de toutes parts. Il semble qu’on célèbre de continuelles bacchanales ou les folles lamentations des fêtes d’Adonis. J’en ai été troublé au milieu de la harangue qu’on prononçait dans l’assemblée générale. Démostrate, digne en vérité du dernier supplice, disait qu’il fallait envoyer des vaisseaux en Sicile ; et sa femme en dansant s’écriait : « Aï, aï, Adonis[1]. » Ce Démostrate ajoutait qu’il fallait tirer de Zante[2] des soldats pesamment armés ; et sa femme, pleine de vin, répétait du haut

  1. Ce Démostrate était l’adversaire de Nicias, dont Aristophane était l’ami. Le poète venge ce général des mauvais succès de l’expédition de Sicile, en les attribuant à l’imprudence de ce Démostrate, qui avait proposé cette expédition, un jour de mauvais augure, consacré à pleurer Adonis.
  2. L’île de Zante, Zacynthus, est située en face de la pointe du Péloponèse la plus avancée vers le couchant.