Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/152

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LE MAGISTRAT.

Elles n’en ont que trop, par Apollon, surtout quand le cabaret n’est pas loin.


CHŒUR DE VIEILLARDS.

Ô magistrat, que de paroles perdues ! Pourquoi entrer en pourparlers avec ces bêtes furieuses ? Ignores-tu dans quel bain elles nous ont trempés, et cela sans lessive ?


CHŒUR DE FEMMES.

Mais, mon ami, il ne faut pas se permettre légèrement de toucher aux autres : si tu t’y exposes, tes yeux seront bientôt pochés ; moi, j’aime rester tranquille, comme une jeune fille : je ne cherche à nuire à personne, je ne changerais pas un fétu de place, pourvu qu’on ne vienne pas me tracasser et m’agacer comme un essaim de guêpes.


CHŒUR DE VIEILLARDS.

Ô Jupiter ! Que faire à une telle engeance ? On ne doit pas souffrir cela. Mais voyons, cherche avec moi la cause de cet excès : quel était leur dessein en s’emparant de la citadelle de Cranaüs, de ce roc inaccessible, et du temple sacré ? Questionne, sois peu crédule et mets en jeu tous tes moyens. Ce serait honteux si, par notre négligence, nous ne percions pas ce mystère.


LE MAGISTRAT.

Oui, certes, voici d’abord ce que je veux savoir d’elles. Pourquoi vous êtes-vous barricadées dans la citadelle ?


LYSISTRATA.

Pour mettre le trésor public en sûreté et vous ôter tout motif de faire la guerre.