Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/157

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LYSISTRATA.

Si c’est ce voile qui t’offusque, tiens, prends-le ; couvre-t’en la tête et tais-toi. Prends encore ce panier, mets-toi à filer, mange des fèves, et la guerre sera l’affaire des femmes.


CHŒUR DE FEMMES.

Ô femmes, laissez-là maintenant vos cruches, pour qu’à notre tour nous puissions être utiles à nos amies. Jamais nous ne nous fatiguerons de danser ; nos genoux ne faibliront jamais sous nous. Notre courage nous dicte de nous exposer aux mêmes dangers que ces femmes pleines de caractère, de grâces, d’audace, de sagesse et de patriotisme républicain réuni à la prudence. Ô descendantes des femmes les plus courageuses et de mères dont la présence seule enflammait, présentez-vous avec ardeur et ne mollissez pas ; le vent vous est encore favorable.


LYSISTRATA.

Si le charmant Cupidon et Vénus la Cyprienne vous font sentir les feux de l’amour dans votre sein et ailleurs ; si, d’un autre côté, ils excitent des désirs agréables dans les hommes, au point d’en faire d’ardents Priapes, j’espère qu’un jour les Grecs nous appelleront toutes du nom de Lysimaque.


LE MAGISTRAT.

Pour quel exploit ?


LYSISTRATA.

Si nous empêchons que, revêtus de leurs armes, ils circulent et fassent les fous dans le marché.


UNE FEMME.

Sans doute, par Vénus de Paphos.