Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/443

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NOTICE SUR PLUTUS.



La pièce qui a pour titre Plutus appartient à ce qu’on est convenu d’appeler la comédie moyenne, sorte de transition entre la comédie ancienne et la comédie nouvelle. Elle fut représentée deux fois, la première en 408, la seconde en 388. En 404, après la prise d’Athènes par Lysandre, le gouvernement des Trente avait défendu par un décret de mettre sur la scène les événements contemporains, de désigner par son nom aucun personnage vivant et de faire usage de la parabase. Quand Aristophane fit représenter Plutus pour la seconde fois, il fut donc forcé d’y introduire quelques changements. La pièce, telle qu’elle nous est parvenue, semble être un composé de ces deux éditions.

Le sujet de Plutus est exclusivement moral. C’est l’éloge du travail et l’apologie de l’inégale et aveugle répartition des richesses.

Chrémyle, laboureur honnête, mais pauvre, est allé, accompagné de son esclave Carion, demander à l’oracle d’Apollon s’il ne devait pas faire de son fils unique un coquin, puisque les scélérats sont tous riches et heureux. Le dieu lui a répondu de suivre la première personne qu’il verrait au sortir du temple et de l’emmener. Chrémyle a rencontré un aveugle couvert de haillons ; il s’attache à lui et lui demande qui il est. L’autre refuse d’abord de répondre, mais les menaces le forcent à se faire connaître. C’est Plutus, que Jupiter a rendu aveugle parce qu’il n’allait que chez les gens de bien.

Chrémyle promet à Plutus de le guérir, à condition qu’il le gardera chez lui. Plutus refuse parce qu’il craint Jupiter. Il