Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/522

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LE PRÊTRE.

Fort bien, c’est ce qu’il faut faire.


CHRÉMYLE.

Qu’on fasse venir Plutus.


UNE VIEILLE FEMME, CHRÉMYLE, LE CHŒUR.



LA VIEILLE.

Que ferai-je donc[1] ?


CHRÉMYLE.

Mets ces marmites sur ta tête[2] et porte-les avec gravité. Aussi bien tu as là un habit varié de si belles couleurs qu’il semble que tu l’aies pris exprès.


LA VIEILLE.

Mais que deviendra l’affaire pour laquelle je suis venue ?


CHRÉMYLE.

Tout ira comme tu le désires, et le jeune homme que tu aimes tant sera chez toi ce soir.

  1. La vieille, voyant partir Plutus, et n’ayant plus aucune espérance, dit par désespoir : Que ferai-je donc ! C’est-à-dire, que deviendrai-je ! Mais Chrémyle prend cela dans un autre sens, et il lui répond comme si elle avait demandé ce qu’elle pourrait faire dans cette cérémonie, et à quoi elle pourrait servir. (Mlle Le Fèvre.)
  2. Quand on consacrait des autels, ou qu’on plaçait les statues des dieux, on faisait porter, par de jeunes filles, de pleins pots de légumes cuits, dont on faisait les premières offrandes au dieu, pour marquer par là que ç’avait été la première nourriture des hommes. Ces filles qui portaient ces pots avaient des habits de diverses couleurs ; Aristophane se sert, avec beaucoup d’esprit de l’occasion que cette coutume lui fournit de railler ces vieilles femmes, qui, oubliant toutes les bienséances de leur âge, se mettaient comme les plus jeunes filles, pour engager encore les jeunes gens à les aimer. Ce passage est d’autant plus plaisant, qu’on voit tous les jours certaines personnes pour qui il semble avoir été fait. (Mlle Le Fèvre.)