Page:Aristote - Morale à Nicomaque, Ladrange, 1856.djvu/1139

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LIVRE II, CH. MIL § !>L 135

ronger, (^uand on domine cette étrange fantaisie, on n'est pas louable pour cela, ni blâmable non plus pour ne pas la vaincre; ou du moins, la victoire ou la défaite sont de bien peu d'importance. D'autre part, il y a des emporte- ments qui sont de nature. Ainsi, par exemple, un fds, comparaissant devant le tribunal pour avoir frappé son père, se défendit en disant aux juges : « Mais, lui aussi, il » a frappé son père » . Et il fut absous ; car il sembla aux juges que c'était là un délit naturel qui était dans le sang. Ce qui n'empêche pas que, si quelqu'un, dans un certain cas, a été assez maître de soi pour ne pas frapper son père, il ne mérite pas du tout la louange pour s'êti'e dé- fendu de cette odieuse action.

g 21. Mais ce n'est pas de l'intempérance et de la tem- pérance, considérées sous ces rapports exceptionnels, que nous nous occupons ici; nous n'étudions que les espèces de tempérance et d'intempérance qui nous rendent abso- lument dignes, ou de louange, ou de blâme. Parmi les biens, les uns nous sont extérieurs comme la richesse, le pouvoir, les honneurs, les amis, la gloire. Il y en a d'autres qui nous sont nécessaires et qui sont corporels, comme ceux qui se rapportent au toucher et au goût. L'homme qui est intempérant dans les choses de ce der- nier ordre est, à ce qu'il me semble, celui qu'on doit, absolument parlant, appeler intempérant. Les fautes qu'il commet se rapportent uniquement au corps; et c'est à ce genre d'excès que se borne l'intempérance que nous pré-

��voir la Morale à Nicomaque, livre même pour cette uiiiice victoire; MI, ch. ô, ;^ 3. — 0/1 n'est pas mais on n'est pas tempOranl. louable. On pjul encore être louable § 21. Parmi les bicéis. Voir la Mo-

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