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11 PRÉFACE.
» c'est (le les appliquer. Ainsi, pour ce qui regarde » la verUi, il ne peut pas suffire de savoir ce qu'elle )> est ; il faut en outre s'efforcer de la posséder et de » la mettre en usage. Si les discours et les écrits » étaient capables à eux seuls de nous rendre hou- » notes, ils mériteraient bien, comme le disait Théo- » gnis, d'être recherchés par lout le monde et payés n au plus haut prix. Mais, par malheur, tout ce que » peuvent les préceptes en ce genre, c'çst de déter- » miner quelques jeunes gens généreux à persévérer 7> dans le bien, et de faire d'un cœur bien né et y spontanément honnête, un ami inébranlable de la » vertu. »
Ce ne serait pas dt\jà si peu de chose, quoi qu'en ait pensé le philosophe ; et par son livre, n'eût-il sauvé qu'une seule âme, il n'aurait pas à se repentir de l'avoir fait. En voyant l'ignorance incurable de la foule, « que la raison ne peut à elle seule per- » suader, et qui obéit à peine aux châtiments les » plus rudes» , Arlstole a cédé un peu trop au décou- ragement; et l'on pourrait presque croire, à l'en- tendre, qu'il regrettait d'avoir consacré tant de méditations et de veilles à un ouvrage que si peu de gens pouvaient lire , et dosil bien moins encore devaient savoir proîiler.
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