Page:Aristote - Morale à Nicomaque, Ladrange, 1856.djvu/1219

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LIVRE 1, GH. IV, g h. 215

passe tout entière dans les plaisirs du corps. Ceci doit faire comprendre pourquoi il y a tant de différences, comme je l'ai déjà dit, dans les idées qu'on se fait du bonheur. § ù. On demandait à Anaxagore de Clazomène quel était suivant lui l'homme le plus heureux : « Ce n'est » aucun de ceux que vous supposez, répondit-il ; et le » plus heureux des hommes selon moi vous semblerait » probablement un homme bien étrange. » Le sage répon- dait ainsi, parce qu'il voyait bien que son interlocuteur ne pouvait pas s'imaginer qu'on dût mériter cette appellation d'heureux, sans être tout au moins puissant ,^ riche, ou beau. Quant à lui, il pensait peut-être que l'homme qui accomplit avec pureté et sans peine tous les devoirs de la justice, ou qui peut s'élever à quelque contemplation divine, est aussi heureux que le permet la condition hu- maine.

��§ 4. Anaxagore de Clazomène. ch. 7, § 8. Ou se rappelle en quels

Voir la même réponse attribuée ù A na- termes Aristote parle d'Anaxagore

xagore, Morale à Nicomaque, livre X, dans la Métaphjsiquc, livre 1, ch. U,

ch. 9, § 3. — Quant a lui il pensait, p. 985, a, 18, de l'éd. de Berlin. —

Admirable appréciation d'Anaxagore Voir aussi dans le chapitre suivant du

et du bonheur permis à l'homme. Voir présent traité, § 9, une autre réponse

la Mora'c ù Nicomaque, livre X, non moins belle (l'Anaxagorc.

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