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LIVRE II, CH. VI, g 12. 87
ne saurait y rien ajouter; comme pour dire que si l'excès et le défaut détruisent la perfection, le juste milieu seul peut l'assurer. C'est là le but où les bons artistes, nous le répétons, ont toujours leurs regards fixés dans leurs tra- vaux ; et la vertu qui est mille fois plus précise et mille fois meilleure qu'aucun art, vise sans cesse comme la nature elle-même à ce parfait milieu. § 10. J'entends par- ler ici de la vertu morale ; car c'est elle qui concerne les passions et les actes de l'homme, et c'est dans nos actes et dans nos passions qu'il y a soit excès, soit défaut, soit un sage milieu. Ainsi par exemple, dans les sentiments de la peur et de l'audace, du désir et de l'aversion, de la colère et de la pitié, en un mot dans les sentiments de peine ou de plaisir, il y a du plus et du moins ; et des deux parts, ces sentiments opposés ne sont pas bons, g 11. Mais savoir les éprouver conmie il convient , selon les circons- tances, selon les choses, selon les personnes, selon la cause, et savoir conserver la vraie mesure, c'est là leiuilieu, c'est là la perfection qui ne se trouve que dans la vertu. § 12. Il en est pour les actes absolmnent comme pour les passions : elles peuvent avoir ou excès ou défaut, ou rencontrer un juste milieu. Or, la vertu se manifeste dans les passions et
��Kmitée. — Les bons artistes. Ceci quand ces sentiments sont ou exccs-
est très-vrai de l'art, où les propor- s.£s ou trop peu forts,
tions doivent toujours être gardées, § 11. La perfection qui ne se
et où elles sont comme le juste milieu trouve que Jans la vertu. C'est le
et la mesure. — La vertu. Aristote conseil ordinaire de la sagesse : mo-
semble ici vouloir appliquer à toutes dérer ses passions,
les vertus sans exception celte Uiéorio ^ 12. Il en est pour les actes. Les
du milieu, acte? ne sont que l'expression cxtti-
S 10. Des deur parts. C'est-à-dire vieuredcs sentiment? et des passions :
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