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Anecdote 7. (P. 214.)

Lycophron.

Un jour que Racan lisoit Ronsard, en sa présence, ayant rencontré la Chanson qui commence,

D’un gosier mâche-laurier

J’oy crier

Dans Lycophron ma Cassandre.


Il luy demanda si Lycophron estoit une ville ? Il ne lui voulut jamais répondre qu’en le grondant et le traittant d’ignorant ; de sorte que Racan demeura dans cette erreur que Lycophron estoit une ville, jusqu’à ce qu’un jour qui fut fort long temps après, comme il estoit chez M. de la Varenne, avec M. de Meziriac, qui le pria de faire apporter de sa Bibliothèque un Licophron (sic), pour justifier un passage qu’il avoit allégué ; il reconnut par là, que Licophron estoit un auteur, et non pas une ville.

Racan prenant Lycophron pour une ville fait bien le pendant — sauf son respect — du singe de La Fontaine prenant le Pirée pour un homme.

La chanson peu harmonieuse de Ronsard est au premier livre de ses Amours, édition Blanchemain, t. I, p. 130. En voici la première strophe complète :

D’un gosier masche-laurier

J’oy crier

Dans Lycopliron ma Cassandre,
Qui prophétise aux Troyens

Les moyens

Qui les réduiront en cendre.


Scarron a parodié les deux premiers vers de Ronsard au commencement de son poème burlesque de Typhon ou la Gigantomache, paru en 1648 :

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