Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/106

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était à trente-huit milles de chez lui. En calculant qu’il eût fait dix milles par jour, cela monterait, en tout, à quatre cents milles. Il faut, en conséquence, qu’il ait toujours tourné sur lui-même, ce qui arrive généralement en pareil cas. La force seule de sa constitution et le secours miséricordieux de son créateur purent le soutenir pendant une si longue épreuve.




L’OISEAU-MOUCHE À GORGE DE RUBIS[1].


Est-il un homme qui, voyant cette mignonne créature balancée sur ses petites ailes bourdonnantes, au sein des airs où elle est suspendue comme par magie, voltigeant d’une fleur à l’autre, d"un mouvement aussi gracieux qu’il est vif et léger, poursuivant sa course d’un bout à l’autre de notre vaste continent, et produisant, partout où elle se montre, des ravissements toujours nouveaux ; est-il un homme, je vous le demande, cher lecteur, qui, ayant observé cette étincelante particule de l’arc-en-ciel, ne s’arrête pour admirer et ne tourne à l’instant sa pensée pleine d’adoration vers le

  1. On se rappellera sans doute ici le tableau charmant et si connu que Buffon a tracé de l’oiseau-mouche ; et on voudra le comparer avec la description suivante, non moins gracieuse, mais mieux sentie peut-être, et si nous l’osons dire, plus vivante encore et plus vraie.