Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/141

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l’arbre, disent-ils, est « en fleur », et par conséquent moins solide. La carie blanche, cette maladie si commune, et que l’œil le plus exercé peut seul reconnaître, se manifeste par des taches rondes, d’environ un pouce et demi de diamètre, visibles à l’extérieur de l’écorce, et par lesquelles on peut enfoncer dans le tronc un bâton pointu de plusieurs pouces. Elles suivent généralement le cœur, soit par en haut, soit par en bas de l’arbre. On s’y trompe si fréquemment, quand on n’en a pas l’habitude, que des milliers de chênes sont coupés et ensuite abandonnés. Le grand nombre de ces arbres qu’on rencontre gisants dans les bois, ferait croire à un étranger que le pays possède beaucoup plus de bons chênes qu’il ne s’y en trouve réellement ; et peut-être, dans le fait, n’y en a-t-il pas plus d’un quart de ce que l’on dit qui soit propre à être employé.

Les bûcherons, d’ordinaire, retournent chez eux, dans les lointains États de l’est et du centre pour y passer l’été ; puis ils reviennent dans les Florides aux approches de l’hiver. Quelques-uns cependant, que leurs familles ont accompagnés, restent plusieurs années de suite au chantier, bien qu’ils y aient beaucoup à souffrir du climat, et que souvent leur constitution jadis si robuste en soit profondément altérée. Tel était le cas pour l’individu dont je parle et de l’assistance duquel j’eus ensuite beaucoup à me louer, dans le cours de mes excursions.