Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/177

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L’HOSPITALITÉ DANS LES BOIS.


Hospitalité ! douce vertu, toujours agréable à l’étranger, mais qu’on n’apprécie pas pour ce qu’elle est, en réalité, dans tous les cas. Qu’un voyageur se soit rendu célèbre, l’accueil dont il se voit l’objet n’est souvent dû, en grande partie, qu’à la soigneuse attention que l’hôte porte à ses propres intérêts ; et certes, la faveur dont on l’entoure perd bien de son prix, quand on la lui fait acheter par mille et mille réponses à d’interminables questions sur ses lointains voyages et ses périlleuses aventures. Tel autre reçoit l’hospitalité de la munificence de personnages qui, possesseurs de tout le confort de la vie, éblouissent de leur ostentation le pauvre voyageur égaré, le conduisent pompeusement d’un bout à l’autre de leur vaste manoir, puis le laissent tout seul à s’égayer, comme il l’entendra, dans un bel appartement, sous prétexte qu’il n’est pas fait pour être présenté à l’honorable cercle des amis de la maison. Un troisième, avec plus de chance, rencontre un caractère simple et franc : on l’accueille à bras ouverts ; on lui offre argent, domestiques et chevaux, pour le mettre en état de continuer sa route, et l’on ne se sépare de lui que les larmes aux yeux ! Dans ces divers cas, l’étranger contracte plus ou moins d’obligation, et doit, par suite, plus ou moins de recon-