Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/227

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lendemain, je quittai la compagnie et me dirigeai vers le rivage. Mes hommes étaient profondément endormis dans le bateau ; néanmoins en quelques minutes je fus à bord du Ripley. Mes jeunes amis ne revinrent qu’au matin ; et beaucoup de filles et de garçons de pêcheurs sautaient encore aux sons de la musique du Canadien, même après notre déjeuner.

Toutes les danseuses que j’avais vues à ce bal étaient certes parfaitement exemptes de mauvaise honte ; aussi fûmes-nous très étonnés, dans nos courses et nos pérégrinations à travers les prés et les champs du voisinage, d’en rencontrer plusieurs qui s’échappèrent en nous apercevant, comme des gazelles devant des chacals. L’une d’elles qui portait un seau sur sa tête, se hâta de le renverser et courut se cacher dans les bois ; une autre qui cherchait sa vache, remarquant que nous nous dirigions vers elle, se jeta à l’eau et traversa une petite anse où elle en avait par-dessus la ceinture ; après quoi elle s’enfuit vers sa maison, du train d’un lièvre effaré. Je voulus demander à quelques-unes le motif de cette étrange conduite ; mais pour toute réponse, je vis leurs joues se couvrir d’une vive rougeur.