Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/228

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LE CORBEAU.


Laissant aux compilateurs la tâche ingrate de répéter cette masse de fables et d’insipides inventions qui ont été accumulées, par la suite des âges, sur le compte de telles ou telles espèces d’oiseaux remarquables, je vais m’occuper de mettre en ordre les matériaux que j’ai rassemblés durant des années de pénibles, mais délicieuses observations, et poursuivre mes essais sur l’histoire et les mœurs des citoyens emplumés de nos bois et de nos plaines d’Amérique.

En traitant des oiseaux représentés dans le second volume de mon atlas, comme je l’ai déjà fait pour ceux du premier, j’entends me renfermer dans les particularités que j’ai pu recueillir pendant le cours d’une vie principalement consacrée à étudier les oiseaux de ma terre natale, alors que tant d’occasions m’étaient offertes de les contempler et de voir avec admiration se manifester en eux les perfections glorieuses de leur tout-puissant Créateur.

C’est parmi les hautes herbes des vastes prairies de l’Ouest, dans les forêts solennelles du Nord, aux sommets des montagnes méditerranéennes, sur les rivages de l’Océan infini, au sein des lacs spacieux et des rivières magnifiques ; c’est là que j’ai cherché, pour découvrir les choses cachées depuis la création, ou que n’a con-