Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/238

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


sont dans la vallée, il fait l’effet d’un mur immense se dressant vers le ciel, et la terreur qu’il inspire se trouve encore considérablement augmentée par la masse d’ossements blanchis qui gisent à sa base. Ce sont les restes des différents animaux qui se sont imprudemment aventurés trop près du bord. Souvent le faîte en est enveloppé de nuages[1]. Comme la pente du sol va en montant insensiblement, depuis les côtes de la mer jusqu’à cette extrémité occidentale de la Caroline, on peut estimer, en y ajoutant l’élévation même de la montagne, que son sommet se trouve à plus de quatre mille pieds au-dessus du niveau de l’Atlantique ; hauteur de laquelle, à l’aide des verres dont la science dispose actuellement, on peut voir les vaisseaux franchissant la barre de Charleston. Pendant l’hiver, des masses énormes de neige se détachent avec fracas des flancs de cette montagne, et leur chute s’entend à sept milles de là. Les parties les plus inaccessibles servent de refuge aux daims et aux ours, et les pigeons sauvages y perchent en si grand nombre, que quelquefois les branches des arbres se brisent sous leur poids. »



  1. Ainsi qu’il arrive au cap de Bonne-Espérance, sur la montagne qui porte le même nom.