Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/288

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Son vol est vif, fort et soutenu ; elle se meut, au travers des airs, en longues ondulations, de vingt à trente verbes chacune, mais d’ordinaire ne s’élève pas très haut, si ce n’est pour traîner un bon point d’observation. Le plus souvent elle glisse au-dessus des broussailles, rapidement et en silence, par saccades de cinquante à cent verges ; je n’en ai jamais vu marcher ni se promener par terre.

Elle est extrêmement friande de criquets, sauterelles et autres insectes, et elle mange de la chair d’oiseau chaque fois qu’elle peut s’en procurer. Les individus que j’ai tenus en cage ne paraissaient beaucoup aimer les tranches de bœuf frais ; mais ils restaient généralement tristes et taciturnes, et finissaient par mourir. Comme je n’en ai eu en captivité que l’hiver, alors qu’il n’y avait pas de coléoptères à leur donner, je n’ai pu m’assurer si, de même que les faucons, ils ont la faculté de dégorger les parties dures des animaux qu’ils ont avalés ; mais je suis porté à croire qu’il en est ainsi. Quant à cette habitude qu’on leur prête d’empaler des insectes et des petits oiseaux sur des piquants d’arbre et des épines, j’avoue que c’est pour moi un vrai mystère, d’autant plus que je ne vois pas trop quelle en pourrait être l’utilité.