Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/416

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pent avec violence et blessent cruellement avec leur bec et leurs ongles, qui sont très aigus et très forts. En se détendant ainsi, ils poussent un cri lamentable, et qui véritablement fait pitié.




LES PIONNIERS DU MISSISSIPI.


Que d’impressions de voyages nous ont été données, que de récits on nous a faits sur le compte des pionniers ! De tant d’Européens qui, à raison de dix milles à l’heure, ont descendu le cours du Mississipi, pas un qui n’ait voulu dire son petit mot à leur sujet. Et pourtant, au fond, à quoi tout cela revient-il ? à les représenter comme des espèces d’êtres misérables, à la mine hâve et blême, vivant dans des marais et subsistant de gland, de blé indien et de viande d’ours ! Mais ce qui est vrai, ce qui est évident, c’est que celui-là seul qui a pu se mettre parfaitement au courant de leur histoire, de leurs mœurs et de leur condition, est en état de fournir sur eux quelques détails intéressants, c’est-à-dire pris dans la réalité.

Les individus qui deviennent pionniers, choisissent ce genre de vie de leur propre et libre mouvement ; ils s’éloignent des parties des États-Unis où ils ont reconnu