Page:Austen - Orgueil et Préjugé (Paschoud) 1.djvu/234

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pas suffire à un exercice aussi long. Sa voix était foible et son chant maniéré. Elisabeth étoit à l’agonie, et regardoit Jane pour voir comment elle supportoit un pareil supplice ; mais Jane étoit toute occupée de sa conversation avec Bingley. Les deux sœurs se faisoient des signes de dérision l’une à l’autre, et Darcy étoit toujours extrêmement sérieux. Elle regarda son père pour l’engager à interposer son autorité et empêcher Mary de chanter toute la nuit ; il la comprit, et lorsqu’elle eut fini son second couplet, il lui dit tout haut :

— C’est fort bien, mon enfant, vous nous avez charmé assez long-temps ; maintenant c’est au tour des autres jeunes dames, à nous montrer leurs talens.

Mary fut un peu déconcertée, Elisabeth, fâchée du discours de son père, craignit que sa sollicitude n’eût produit aucun bien, et l’on pressa plusieurs personnes de chanter.