Page:Austen - Orgueil et Prevention 2.djvu/25

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.
21
ET PRÉVENTION

sir ; en supposant un tel attachement, vous les faites tous agir d’une manière dénaturée, et vous me rendez vraiment malheureuse. Ne m’affligez pas, chère Lizzy, par cette idée ; je ne rougis point de m’être abusée, ou du moins cette peine est légère, comparée à celle que j’éprouverais à penser mal de lui, ou de ses sœurs : laissez-moi prendre les choses du meilleur côté possible, en un mot de la manière la plus naturelle. »

Élisabeth ne put contrarier un tel désir, et depuis ce jour, le nom de M. Bingley fut rarement prononcé entre elles.

Mme Bennet continuait cependant à s’étonner et à murmurer de cette absence et, encore qu’il se passât à peine un jour qu’Élisabeth ne lui en expliquât la cause fort clairement, elle ne pouvait la considérer avec moins de perplexité ; sa fille cherchait à la convaincre de ce dont elle-même était loin d’être persuadée, que Bingley n’avait eu pour Hélen qu’une légère fantaisie, que l’absence lui avait bientôt fait oublier, mais bien que