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Orgueil

la possibilité de cette supposition fût admise pour le moment, elle se trouvait chaque jour obligée de répéter la même fable ; le principal motif de consolation qu’eût Mme Bennet, c’était l’espoir que Bingley reviendrait au moins à Netherlfield, dans le courant de l’été.

Cette affaire fut traitée par M. Bennet d’une manière bien différente : « Ainsi, Lizzy, dit-il un jour, votre sœur à ce que je vois, n’est pas heureuse dans ses amours. Eh bien ! je l’en félicite, car une demoiselle avant de se marier, aime bien à voir parfois ses espérances trompées ; cela occupe son imagination, et lui donne un relief parmi ses compagnes. Quand sera-ce votre tour ? Vous ne sauriez long-temps laisser à Hélen un pareil avantage ! Voici pour vous le moment favorable, il y a assez d’officiers à Meryton pour désappointer toutes les filles du pays : tenez ! que Wickham soit votre homme, il est fort joli garçon et vous dupera merveilleusement.

» — Je vous rend grâce, mon père,