Page:Austen - Orgueil et Prevention 2.djvu/47

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.
43
ET PRÉVENTION

chait à se persuader qu’elle n’en éprouvait nuls regrets ; mais comment être plus long-temps insensible au manque d’attention de Mlle Bingley, après l’avoir en vain attendue pendant plus de quinze jours, cherchant chaque soir quelques excuses pour ce retard ? Caroline parut enfin, mais sa visite fut si courte, et ses manières étaient si changées, qu’Hélen ne put s’abuser plus long-temps : la lettre qu’elle écrivait à sa sœur sur ce sujet exprime bien ses sentimens.

« Je suis persuadée, ma chère Lizzy, que vous êtes trop bonne pour vous glorifier de la supériorité de votre jugement, lorsqu’il me faut vous avouer que j’ai été trompée par les démonstrations d’amitié de Mlle Bingley ; mais, chère sœur, bien que l’événement prouve votre pénétration, ne me croyez point déraisonnable, si j’assure que, considérant sa manière d’être avec moi, ma confiance fut aussi naturelle que vos soupçons et si les mêmes circonstances se reproduisaient encore, je me laisserais, je suis sûre, abu-