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Orgueil

et pouvait aussi avec sincérité lui souhaiter un bonheur durable.

Tout ceci fut confié à Mme Gardener, et après quelques détails assez minutieux, elle continuait ainsi :

« Je suis maintenant convaincue, chère tante, que je n’ai jamais eu nul amour pour lui, car si j’eusse éprouvé ce sentiment si vif, si tendre, le nom seul de Wickham me causerait à cette heure une peine cruelle ; et je ne pourrais lui souhaiter que du mal ; mais au contraire, non seulement je pense à lui sans humeur ; mais je puis même vouloir du bien à Mlle Keng. Loin de la détester, je suis très-portée à la croire une fort bonne enfant. Vos conseils comme vous le voyez, ne m’ont point été inutiles, et quoique j’eusse certainement été un objet plus intéressant aux yeux de mes compagnes, si j’avais eu pour lui une passion bien tendre, je ne puis dire que je regrette de n’avoir point acquis cette célébrité ; car souvent elle s’achète trop chèrement. Kitty et Lydia prennent sa retraite plus à