Page:Aventures merveilleuses de Huon de Bordeaux.djvu/64

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Paris, je ne savais pas qu’il 
était le fils de l’empereur, ni
 quel homme j’avais tué.

— Certes, dit l’abbé, c’est un serment véridique.

Huon se relève, il prend les reliques et
 les baise, et sur le tapis il met quatre 
marcs d’or fin, que les clercs recueillent 
aussitôt.

— Hâtez-vous, dit Charlemagne, 
et que Dieu fasse un miracle pour 
punir celui de vous qui s’est parjuré !

On amène le cheval de Huon ; il y monte, 
et, malgré lui, l’abbé de Cluny lui tient
 l’étrier. Ils s’embrassent en se séparant. Ah ! comme l’abbé pleurait !

— Sire abbé, dit Huon, priez Dieu pour moi.

— Ami, dit l’abbé, tu peux y compter.
 Que le Dieu de justice te protège, aussi
 vrai que je sais qu’on t’accuse à tort !

Il rentre dans l’église, il s’étend
 en croix devant l’autel et prie Dieu pour
 Huon.