Page:Bérard - La résurrection d’Homère, 1930, 2.djvu/226
La tragédie conservait en son dialogue le sérieux, la délicatesse, la noblesse et le ton réservé de l’épos. Mais, dans la lyrique de ses chœurs, elle avait une parure éclatante et sonore, un peu lourde parfois et même excessive ; souvent même, débordant un peu dans les grands monologues, cette splendeur de l’ornement tragique éclipsait la sobre broderie de l’épos : sur l’Acropole de Phidias, les marbres teintés des petites prêtresses archaïques n’auraient pas fait grande figure auprès de la gigantesque Pallas chryséléphantine.
La comédie, de son côté, offrait au gros public un régal autrement pimenté que l’épos : c’était comme un plantureux festin des plus fines et des plus folles plaisanteries, des fantaisies les plus rares, des obscénités les plus ordurières et des parodies les plus ingénieuses.