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204 HISTOIRE

ingénieux est à lui seul toute une biographie : Histoire de la grandeur tl de la décadence de César Birotteau. marchand parfumeur, chevalier de la Union d'honneur et adjoint au maire du deuxième arrondissement de la ville de Paris : le développement du décourageant axiome formulé par la Peau de chagrin marche à travers le monde en y versant des lumières sur toutes les catastrophes. César Birotteau, type parfait du négociant probe, du négociant pour qui la considération est une autre atmosphère indispensable, est tué soudainement, par l'idée probité comme par un coup de pistolet; il a soutenu le malheur goutte à goutte, il ne sou- tient pas la joie et la vii' qui tombent sur lui comme une trombe et le brisent. C • étude est un ebapitre de plus ajouté à l'histoire d'une famille que les pin- ceaux de M.de Balzac ont surtout affectionnée. Le pauvre vicaire de Saint-<3atien, qui joue un rôle dans les Études de mu urs, est représenté ici dans la personne de ^on frère; mais François Birotteau esl ane individualité, tandis que César Birot- teau sera, regardé comme le type de cette classe nombreuse à laquelle appartien- nent plusieurs personnages semés dans l'œuvre de l'auteur, figures modestes dont la grandeur vient de la manière dont elles.' détachent sur le fond commun des souffrances humaines, qu'elles semblent réveiller toutes avec les leurs. Telles sont la l'osseuse et Gondrin, dans le Médecin de campagne: ia grande Nanon, ma- dame Grandet el -a fille, dans Eugénie Grandet : l'Enfant maudit, Juana de Man- cini, le Comte Cliabert, le père Goriot, Pauline de Villenoix, Louis Lambert et plusieurs autres. En effet, nul auteur n'a su mieux assigner sa part à chacune des sphères sociales. S'il transfigure le inonde des millionnaires, il semble affectionner, il caresse le monde où l'un souffre; partout dans son œuvre les gens dépouillés comparaissent auprès des spoliateurs. Un jour cette justice lui sera rendue. Si Walter Scott plaid.; pour les habits brodés, M. de Balzac a réveillé nos sympathies pour les infortunes courageuses, pour les chagrins domestiques. Sun style n'esl luit, sa raillerie n'est incisive que pour les riches; pour les pauvres et les souffrants, sa palette n'a que de douces couleurs. Nient ensuite Maître Cornélius, c#tte forte étude historique, où l'on retrouve si nettement dessinés le-- traits les plus curieux de cette grande figure de Louis \I. toujours incomplètement repro- duite dans les tableaux des romanciers ou dramaturges; e1 là, voyez quelle inévi- table logique! c'est l'idée avarice tuant l'avare dans la personne du vieil argentier. LeChef-à mnu nous montre l'art tuant l'œuvre ; première initiation à la

Louis Lambert. Dans l'Auberge rouge, cette sanglante histoire d'un

la plus terrible peut-être qu'ail imaginée .M. de Balzac, se trouve une analogie magnifiquement exécutée entre l'idée d'un crime et le crime même. Là, s. 'ion nous, a pari les détails de cette composition, se rencontrènl les plus s- . déductions du thème général. Un être débile tué par la terreur esl le résultat de l'histoire intitulée l'Enfant maudit, délicieuse histoire désorm ris complétée par un nouveau voluui m pressentait. La chaude et savante étude des Proscrits

contient plusieurs propositions identiques : le suicide d'un enfanl que i ambition goûti delà vie, legénie devenant funeste a un grand poète, et l'idée de faisant crier à ce poète : « Mort aux G ■ au moment où il vient de

peindre les supplii es infernaux destinés aux assassins. J< " -Chri t en Flandre est

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