Page:Banville - Œuvres, Les Cariatides, 1889.djvu/330

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Silence

 
Pour baiser la prairie et le ruisseau dormant
Qui déroule ses moires,
Un beau rayon frileux glisse furtivement
Parmi les branches noires.

Les fleurs veulent fêter le jour qui nous est cher.
Parmi les vertes mousses
Leur corolle s'entr'ouvre au milieu de l'hiver
Sous des haleines douces.

Oh ! que la terre en deuil retrouve son trésor
Et tienne sa promesse,
Pour que tes vieux enfants s'éblouissent encor
De ta chère jeunesse!

Tant que tu nous souris, ô regard adoré
Où le nôtre se plonge.
Nous n'avons pas vécu, nous n'avons pas pleuré,
Le reste n'est que songe.