Page:Banville - Gringoire, 1890.djvu/11

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PREFACE

Si l’on pouvait payer ses dettes avec un trait de plume, comme je serais heureux d’écrire les lignes qui vont suivre !

Dire que j’ai trouvé, pour mener à bien le sort de cette pièce, un appui auquel on peut se fier toujours, un dévouement patient et infatigable, une aide fraternelle et le secours d’une pensée vive, alerte, ingénieuse, féconde, toujours en éveil, n’est-ce pas dénoncer déjà mon cher ami Régnier, dont ce qu’on nomme désintéressement est la nature même ?

Que Régnier se soit donné pour moi mille fois plus de peine qu’il ne s’en fût donné pour lui, ceci n’étonnera personne de ceux qui connaissent ce cœur d’une générosité si haute et si rare. Moi je veux seulement témoigner de ceci, qu’en mettant à ma disposition une expérience scénique sans égale, il a tenu à ce que je fusse moi-même, choisissant toujours l’interprétation la plus large et la moins banale, me ramenant à ma propre pensée quand je m’en étais éloigné, et m’obligeant à rester toujours poëte, c’est-à-dire hardi et vrai.

La pièce revue, Régnier ne l’a pas abandonnée ! Avec une invention merveilleuse, avec un tact exquis, minutieux, il l’a mise en scène, imaginant et composant en artiste une suite de tableaux qui sont l’exacte représentation