Page:Banville - Gringoire, 1890.djvu/21

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LE ROI.

La guerre n’est pas tout, mon compère. Le commerce, tu le sais, est aussi la force d’une nation. Or, j’ai de graves intérêts à débattre avec mes amis les Flamands.

SIMON FOURNIEZ.

Bon !

LE ROI, s’asseyant dans son fauteuil.

Et il m’est venu à l’esprit de faire de toi mon ambassadeur.

SIMON FOURNIEZ.

Ambassadeur ! Moi ! Votre Majesté a daigné songer à moi pour une telle mission ! Mais c’est impossible ; je ne saurais parler comme il faut à des seigneurs.

LE ROI.

Ce n’est pas avec des nobles que tu vas négocier, mais avec des chaussetiers et des batteurs de cuivre. Mieux que personne, tu fais mon affaire.

SIMON FOURNIEZ, avec embarras.

Oui… mais ma boutique, sire !

LE ROI.

Bon ! Elle est la plus achalandée de toute la ville ! Au besoin, tes draperies se vendraient toutes seules.

NICOLE.

Sire, je devine bien la pensée de mon frère. Ce n’est pas son commerce qui l’inquiète ; c’est Loyse, qu’il n’oserait confier à personne, pas même à vous, pas même à moi.

SIMON FOURNIEZ.

Si encore Loyse était mariée !

LE ROI.

Qu’à cela ne tienne. Marions-la.

SIMON FOURNIEZ.

Si Votre Majesté croit que c’est facile ! Je n’ai jamais formé