Page:Banville - Gringoire, 1890.djvu/23

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ville. C’est ce que je lui dis chaque jour. Mais elle ne m’écoute pas.

OLIVIER-LE-DAIM.

Si alors vous lui proposiez quelque chose de mieux ?

SIMON FOURNIEZ, blessé.

De mieux qu’un bourgeois !

LE ROI, ironiquement.

Tu ne devines pas, Simon ? Messire Olivier, par exemple, qui, après une jeunesse pleine de travaux et d’aventures, me semble très-désireux de faire une fin !

SIMON FOURNIEZ, affectant la modestie.

Une pareille fin n’est pas digne de monsieur votre barbier, Sire ! La Providence, sans doute, lui en garde une meilleure.

OLIVIER-LE-DAIM.

Hein ?

SIMON FOURNIEZ, avec bonhomie.

Je dis ce que tout le monde dit.

LE ROI.

Eh bien ! Nous consulterons Loyse elle-même. Sois tranquille, mon compère, j’ai fait des choses plus difficiles. Mais à propos, qu’est-elle devenue, ma gentille Loyse ? Est-ce qu’elle nous tient rigueur ? Il me tarde pourtant de la voir sourire, et d’écouter son gracieux babil !

SIMON FOURNIEZ.

Tenez, Sire, la voici. Il semble qu’elle ait deviné le désir de Votre Majesté… et le mien.

SCÈNE II.
LE ROI, SIMON FOURNIEZ, NICOLE ANDRY, OLIVIER-LE-DAIM, LOYSE.
LE ROI, souriant à Loyse, avec bienveillance.

C’est toi, ma Loyse ?

LOYSE, s’agenouillant sur un coussin, aux pieds du Roi.

Oui, Sire. Oh ! Je ne vous oubliais pas !